Les diplômes pour devenir frigoriste
Tous ces diplômes se préparent en lycée professionnel ou en apprentissage, sauf le BP qui se fait en alternance (fiches Onisep).
- CAP installateur en froid et conditionnement d'air (niveau 3, 2 ans après la 3e). On y apprend à poser les équipements, les réseaux frigorifiques, hydrauliques et électriques, puis à mettre en service et entretenir. Hors apprentissage, 14 semaines en entreprise, avec la préparation à l'attestation des fluides frigorigènes et au sauvetage secourisme du travail.
- BP installateur, dépanneur en froid et conditionnement d'air (niveau 4, 2 ans après un CAP du domaine). Le titulaire sait dimensionner, mettre en service, diagnostiquer et dépanner une installation frigorifique ou thermique de petite puissance.
- Bac pro métiers du froid et des énergies renouvelables (niveau 4, 3 ans après la 3e). Froid industriel et commercial, chambres froides et meubles frigorifiques, centrales de traitement d'air, climatiseurs, pompes à chaleur et géothermie. 20 semaines en entreprise sur les trois ans.
- BTS fluides, énergies, domotique, option B froid et conditionnement d'air (niveau 5, bac + 2). Il mène une affaire de bout en bout : étude, chiffrage, mise en service, maintenance, suivi de chantier. Il est ouvert aux bacheliers généraux, technologiques et professionnels, avec un quota de places pour les bacs pro.
Les titres professionnels, voie de la reconversion
Le ministère du Travail délivre des titres professionnels inscrits au répertoire national des certifications (RNCP) :
- Installateur en pompe à chaleur et climatisation (RNCP41871, niveau 3, parcours ouverts depuis le 26 février 2026). Pose et mise en service de climatiseurs split et DRV et de pompes à chaleur air/eau, raccordement au chauffage et à l'eau chaude sanitaire, rapport réglementaire sur les fluides frigorigènes.
- Technicien d'intervention en froid commercial et climatisation (RNCP39437, niveau 4, enregistré jusqu'au 31 juillet 2029). Maintenance et optimisation énergétique d'installations de froid commercial, y compris au CO2, surtout en grandes et moyennes surfaces. Le technicien travaille souvent seul, avec un véhicule de service ; le permis B est exigé.
Si vous avez déjà de l'expérience dans le métier, la validation des acquis de l'expérience (VAE) compte aussi : dans la convention collective du froid, un diplôme bac + 2 obtenu par une VAE complète donne droit au classement direct au coefficient 260, sans période d'adaptation (convention IDCC 1412, chapitre XI).
Les employeurs en tension ouvrent leurs portes : en 2025, 74 % d'entre eux ont accepté des candidats moins expérimentés et 63 % ont recruté des profils avec une formation différente de celle prévue (France Travail, page Besoins en main-d'œuvre 2026 ; chiffre donné pour les recruteurs en tension, sans détail par métier).
Alternance : ce que deviennent les apprentis
Six mois après la fin de la formation, part des apprentis en emploi salarié (dispositif InserJeunes 2024, publié par l'Onisep) :
- CAP installateur en froid et conditionnement d'air : 39 % en emploi, 38 % en poursuite de formation.
- BP installateur, dépanneur en froid et conditionnement d'air : 49 % en emploi.
- Bac pro métiers du froid et des énergies renouvelables : 33 % en emploi, 47 % en poursuite de formation.
- BTS fluides, énergies, domotique option B : 50 % en emploi.
En voie scolaire, la poursuite d'études domine : 53 % des élèves de CAP et 59 % des élèves de bac pro continuent une formation. Six mois après, les apprentis sont plus souvent en emploi que les élèves : 39 % contre 8 % pour le CAP, 33 % contre 15 % pour le bac pro, 50 % contre 36 % pour le BTS.
Le salaire à l'embauche selon votre diplôme
La convention collective des entreprises d'installation du froid (IDCC 1412) fixe un seuil d'accueil selon le diplôme. Minima mensuels bruts au 1er juillet 2026 (avenant n° 80, étendu) :
- CAP sans expérience : coefficient 195, soit 1 923,88 €.
- Bac pro ou BP sans expérience : coefficient 225, soit 1 950,28 €.
- BTS, jeune diplômé : coefficient 245, soit 2 072,54 €, puis coefficient 260 (2 171,91 €) au plus tard après deux ans, ou un an si vous avez fait votre alternance dans l'entreprise.
- Licence professionnelle, jeune diplômé : coefficient 300, soit 2 505,10 €.
Le détail, avec l'astreinte et les autres conventions possibles, est sur notre page salaire frigoriste.
Pompes à chaleur : la demande en chiffres
Le 15 avril 2024, le gouvernement a présenté un plan visant à produire un million de pompes à chaleur par an en France à partir de 2027. Selon Bruno Le Maire, ce plan « devrait conduire à la création de 45.000 emplois supplémentaires » dans la filière d'ici 2027, « dont 30.000 installateurs » (Banque des Territoires, article du 16 avril 2024). Ce chiffre est un objectif annoncé en 2024. Nous n'avons pas trouvé de chiffre officiel mesurant où il en est en octobre 2026.
Le chiffre mesuré le plus récent reste celui de France Travail : 3 117 projets de recrutement de techniciens et agents de maîtrise en froid et conditionnement d'air pour 2026, dont 2 537 jugés difficiles. L'enquête a été menée auprès de 416 822 établissements répondants.
Ce qu'on attend d'un frigoriste débutant
- L'attestation d'aptitude aux fluides frigorigènes : l'employeur doit justifier de celle de chaque intervenant pour obtenir sa propre attestation de capacité. Les règles changent au 1er janvier 2027, voir notre page sur l'attestation fluides frigorigènes.
- Le permis B, exigé par le titre de technicien d'intervention en froid commercial, car on se déplace d'un client à l'autre.
- Le travail en hauteur, le port de charges lourdes et le brasage : les fiches des deux titres professionnels citent ces contraintes, ainsi que les risques des fluides eux-mêmes (anoxie au CO2, fluides inflammables, fortes pressions).
Questions fréquentes
Quel diplôme faut-il pour devenir frigoriste ?
Quatre diplômes mènent au métier : le CAP installateur en froid et conditionnement d'air en 2 ans après la 3e, le BP installateur, dépanneur en 2 ans après un CAP du domaine, le bac pro métiers du froid et des énergies renouvelables en 3 ans après la 3e, et le BTS fluides, énergies, domotique option B à bac + 2 (Onisep, CAP installateur en froid et conditionnement d'air ; Onisep, BTS fluides, énergies, domotique option B froid et conditionnement d'air).
Comment devenir frigoriste en reconversion ?
Le ministère du Travail délivre deux titres professionnels : installateur en pompe à chaleur et climatisation, de niveau 3 (France compétences, RNCP41871, titre professionnel installateur en pompe à chaleur et climatisation), et technicien d'intervention en froid commercial et climatisation, de niveau 4 (France compétences, RNCP39437, titre professionnel technicien d'intervention en froid commercial et climatisation). Avec de l'expérience dans le métier, la validation des acquis de l'expérience (VAE) est aussi une voie.
Peut-on devenir frigoriste en alternance ?
Oui : tous les diplômes du froid se préparent en apprentissage, et le BP se fait uniquement en alternance. Six mois après la fin de la formation, les apprentis sont plus souvent en emploi que les élèves, par exemple 39 % contre 8 % pour le CAP (Onisep, CAP installateur en froid et conditionnement d'air) et 50 % contre 36 % pour le BTS (Onisep, BTS fluides, énergies, domotique option B froid et conditionnement d'air).
Combien gagne un frigoriste en sortie de formation ?
Dans la convention du froid (IDCC 1412), le minimum au 1er juillet 2026 est de 1 923,88 € brut par mois pour un CAP sans expérience, 1 950,28 € pour un bac pro ou un BP, et 2 072,54 € pour un jeune diplômé de BTS, porté à 2 171,91 € au plus tard après deux ans (Avenant n° 80 du 30 juin 2026 à la convention IDCC 1412, grille au 1er juillet 2026).
Est-ce que le métier de frigoriste recrute ?
Oui. En 2026, France Travail recense 3 117 projets de recrutement de techniciens et agents de maîtrise en froid et conditionnement d'air, dont 81 % sont jugés difficiles par les employeurs, contre 44 % tous métiers confondus (France Travail, enquête Besoins en main-d'œuvre 2026, rapport national (tableau Maintenance)).
Faut-il le permis B pour être frigoriste ?
Le permis B est exigé pour le titre professionnel de technicien d'intervention en froid commercial et climatisation, car le technicien travaille souvent seul, avec un véhicule de service, et se déplace d'un client à l'autre (France compétences, RNCP39437, titre professionnel technicien d'intervention en froid commercial et climatisation).
Sources
- France Travail, enquête Besoins en main-d'œuvre 2026, rapport national (tableau Maintenance), lu le 13/10/2026.
- France Travail, « Besoins en main-d'œuvre : 2,28 millions de postes à pourvoir en 2026 », lu le 13/10/2026.
- Onisep, CAP installateur en froid et conditionnement d'air, lu le 13/10/2026.
- Onisep, BP installateur, dépanneur en froid et conditionnement d'air, lu le 13/10/2026.
- Onisep, Bac pro métiers du froid et des énergies renouvelables, lu le 13/10/2026.
- Onisep, BTS fluides, énergies, domotique option B froid et conditionnement d'air, lu le 13/10/2026.
- France compétences, RNCP41871, titre professionnel installateur en pompe à chaleur et climatisation, lu le 13/10/2026.
- France compétences, RNCP39437, titre professionnel technicien d'intervention en froid commercial et climatisation, lu le 13/10/2026.
- Texte consolidé de la convention IDCC 1412 (source Légifrance, mise à jour du 11 octobre 2026), chapitre XI, lu le 13/10/2026.
- Avenant n° 80 du 30 juin 2026 à la convention IDCC 1412, grille au 1er juillet 2026, lu le 13/10/2026.
- Banque des Territoires, « Énergie : le gouvernement présente un plan d'action pour produire 1 million de pompes à chaleur à partir de 2027 », 16 avril 2024, lu le 13/10/2026.